Christiane
LAGET
et
ses enfants, Charles-Louis et Diane ROCHE
4,
rue du Moulin-à-Huile
34320
MARGON
Monsieur Dominique PERBEN
Garde des Sceaux
Ministère de la Justice
13, Place Vendôme
75042 Paris Cedex 01
Margon, le 2 décembre 2002
Lettre
Recommandée
avec
Accusé de Réception
Lettre à Monsieur le Garde
des Sceaux
Monsieur le Garde des
Sceaux,
Nous nous voyons contraints de vous alerter de la survenance d’un grave dysfonctionnement au sein du Service Public de la Justice, dysfonctionnement qui ne devrait pas pouvoir se produire dans un Etat de Droit. Nous en sommes tous trois présentement victimes, ce qui porte atteinte, en tant que justiciables, contribuables et citoyens, à notre Droit Fondamental d’accès à une Justice qui soit, non seulement équitable, mais même tout simplement correcte, ceci conformément aux Droits Imprescriptibles tels qu’énoncés par la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
Le plus simple est, tout
d’abord, de replacer les événements dans leur contexte.
Nous sommes, respectivement,
l’ex-femme et les enfants de l’un de vos magistrats, Pierre Roche, actuellement
Président de Chambre près la Cour d’Appel de Montpellier – et qui occupait le
même fauteuil près la Cour d’Appel de Nîmes jusqu’au 31 Août dernier. Suite au
divorce par consentement mutuel intervenu par jugement en date du 27 Juin 1983,
cet individu devait payer pour sa fille, Diane, née en 1982, une pension
s’élevant à 1000 Francs par mois. Cette somme est d’ailleurs dérisoire
lorsqu’on la compare au traitement pléthorique, payé par le contribuable à un
magistrat qui, par ses conclusions dans une instance qu’il avait engagée suite
au divorce, prétendait sans vergogne ne donner, pour pourvoir à l’entretien, à
l’éducation, au logement, à l’habillement et à l’alimentation de ses deux
enfants, confiés à leur mère, femme au foyer dépourvue de toute source de
revenus, que le « franc symbolique ».
Depuis le divorce, ce triste
sire ne s’est non seulement jamais un tant soit peu occupé de ses deux enfants,
mais fût encore, autant pour eux que pour leur mère, un ennemi aussi farouche
que dénué de scrupules. Non content de mépriser totalement ses devoirs les plus
élémentaires, il ne recula jamais devant aucune outrance dans les ennuis
iniques et les persécutions interminables qu’il nous infligea tout au long de
cette pénible période. Ce harcèlement ne fût d’ailleurs nullement limité à la
seule sphère judiciaire. Mais, pour ne s’en tenir qu’à cette dernière, sachez
que, aussi unique que cela puisse paraître dans les annales de la Justice, nous
n’avons jamais passé, tout au long des 20 années qui nous séparent du divorce,
un seul jour sans procès face à lui.
Mais point n’est besoin de
vous détailler ici et maintenant ces deux décennies d’iniquités et de
souffrances – elles le seront en temps utile.
Sachez simplement, pour vous
donner un exemple entre mille, que notre affameur s’est, durant la période,
rendu à plusieurs reprises coupable à notre encontre du délit d’Abandon de
Famille au sens du Code Pénal, qui punit de tels agissements par son article
227-3, « de 2 ans d’emprisonnement et de 100.000 Francs d’amende ».
Or, les plaintes afférentes furent invariablement classés sans suite, jetées au
panier …
Pour ce qui est de l’affaire
qui, en particulier, motive la présente missive, voici le résumé des faits.
Suite à l’obtention de son
baccalauréat en 1999, Diane, la fille de Pierre Roche, a entamé des études
supérieures à l’Université de Toulouse. Nous avons donc demandé que la pension
alimentaire due à cette dernière par le sieur Roche soit portée à 4.379,24
francs par mois, ce qui correspond au montant qu’il avait été condamné à
verser, quelques temps plus tôt, pour son fils – il avait fallu, là encore,
ester en Justice pour que celui-ci obtienne de ce personnage de quoi subvenir à
ses besoins d’étudiant (les 1000 francs mensuels qu’il touchait jusque-là
n’étant pas même suffisants pour régler le modeste loyer de sa chambrette
d’étudiant).
Or, la décision qu’a rendu,
dans le dossier de la pension de Diane, le Juge aux Affaires Familiales de
Béziers (qui est la ville où habite le sieur Roche), revêt un caractère on ne
peut plus inéquitable, qui est démontrable le plus rationnellement du
monde : en effet, Diane entamait alors des études très similaires à celles
de son frère, logeait dans le même bâtiment, dans les mêmes conditions, avec le
même loyer, et avait strictement les mêmes besoins que lui.
Malgré ce, le J.A.F. de
Béziers ne lui a accordé que 2500 Francs mensuels, au mépris d’une
argumentation pourtant irréfutable. D’ailleurs, le condamné, qui semble avoir
toutes les raisons de s’estimer au-dessus des Lois, qu’il a pour devoir de
préserver et de faire respecter aux autres, ne daigne de toute manière même pas
se conformer à cette décision.
Insatisfaits, et pour cause,
de la décision en question, nous avons fait appel.
L’affaire était fixée à
l’audience de la Cour d’Appel de Montpellier à la date du 10 septembre 2002.
Or, c’est depuis le premier jour de ce mois que le sieur Roche, en provenance
de Nîmes, a été promu Président de Chambre dans cette même cour.
Notre avoué a donc déposé
des conclusions pour demander le renvoi du dossier devant la Cour d’Appel de
Toulouse, dont le ressort est limitrophe de celui de la Cour d’Appel de
Montpellier. Cela allait de soi, conformément aux règles de procédure visant à
essayer de réduire les probabilités (reconnues de ce fait comme bien réelles
par notre Droit) d’interférences de la part d’un magistrat auprès de ses
collègues dans l’issue des affaires le concernant.
De son côté, notre
adversaire a eu non seulement l’inélégance mais encore l’ignominie d’oser se
permettre de demander à ses nouveaux collègues et subalternes montpelliérains
de renvoyer plutôt cette affaire devant ses collègues et subalternes de la Cour
d’Appel de Nîmes, à laquelle il occupait encore la place de Président de
Chambre quelques jours plus tôt (jusqu’au 31 Août denier), et cela depuis
plusieurs années.
En premier lieu, l’on ne
peut que s’étonner de constater que la décision qui fût rendue par suite ne comporte
pas la moindre explication, ni l’ombre d’une justification. En un mot, la
motivation est absente ; or, toute décision judiciaire se doit d’être
motivée - cette règle fondamentale constitue d’ailleurs le rempart qui fût mis
en place afin de protéger citoyens et justiciables contre l’arbitraire du Juge.
Je vous livre le bien
étrange syllogisme que l’on obtient en citant l’arrêt dans sa structure :
- Il y a, d’une part :
« les dernières conclusions de l’appelante (…) selon lesquelles elle
demande, compte tenu de la qualité de magistrat nommé à la Cour d’Appel de
Montpellier de son ancien mari et des dispositions de l’article 47 du Nouveau
Code de Procédure Civile de renvoyer le jugement de l’affaire devant la Cour
d’Appel de Toulouse » ;
- Or, il y a aussi, d’autre
part : « les dernières conclusion de Pierre Roche (…) qui invoquant les
dispositions sus-visées, demande le renvoi devant la Cour d’Appel de
Nîmes » ;
- D’où, la conclusion de la
cour, qui ne passe par aucun lien logique ou raisonnement que ce soit :
« il convient, en application des dispositions de l’article 47 du NCPC, de
renvoyer la cause et les parties devant la Cour d’Appel de Nîmes, située dans
un ressort limitrophe ».
Pour résumer :
- nous
demandons un ressort où notre adversaire n’exerçait pas 10 jours auparavant et
depuis des années ;
- mais comme, lui, demande
ce ressort-là, où il est influent ;
- alors ses petits camarades
et subalternes de Montpellier décident (sans même se donner la peine de
chercher un quelconque prétexte pour tenter de dissimuler les raisons d’un
choix si conforme aux désirs de leur nouveau collègue) de renvoyer l’affaire là
où ce sinistre personnage le leur demande, pour des raisons par trop évidentes.
Voilà un syllogisme dépourvu
de tout semblant de logique interne, aussi bancal que révélateur.
En effet, si des
dispositions telles que l’article 47 du NCPC sont en vigueur, c’est parce que
le Législateur ne connaît que trop bien les tendances que pourraient avoir
certains individus sans scrupules à détourner sans vergogne le pouvoir que leur
donne leur position pour atteindre leurs propres buts, aussi personnels que
pestilentiels. Se fonder, comme ont osé le faire les magistrats de Montpellier,
sur ce texte pour rendre une décision aussi diamétralement opposée aux
objectifs dudit texte, revient à une véritable trahison à l’égard de notre Loi.
Cette trahison se trouve d’autant plus aggravée et caractérisée qu’elle est
hypocritement perpétrée par ceux qui sont payés bien cher par une soixantaine
de millions de contribuables pour défendre celle-ci et l’appliquer, et non pour
en corrompre le sens et la détourner de ses buts au bénéfice de leur petit
camarade et supérieur hiérarchique. Il est absolument intolérable que notre
système juridique se trouve, de la sorte, bafoué de l’intérieur.
Comment, en effet, serait-il
possible, dans ces conditions, que notre affaire puisse être jugée en toute
impartialité par les magistrats de la Cour d’Appel de Nîmes ? D’ailleurs,
le sieur Roche a clairement exprimé, par son refus d’un renvoi sur Toulouse et
sa demande d’un renvoi sur Nîmes, la confiance qu’il avait dans l’appui qu’il
ne manquerait pas de trouver auprès de cette dernière juridiction.
Et si les juges de
Montpellier s’imaginent qu’ils se justifient un tant soit peu en indiquant que
le ressort de la Cour d’Appel de Nîmes est limitrophe du leur, leur
pseudo-justification tombe à plat, et ne saurait nullement motiver, de quelque
manière que ce soit, cette ridicule décision. En effet, le ressort que nous
demandions était, lui aussi, limitrophe de celui de la Cour d’Appel de
Montpellier, et ô combien plus opportun, ne serait-ce que dans l’intérêt d’une
Bonne Justice dans cette affaire, que celui qui a été choisi de la sorte par
les juges. Or, ces derniers se sont bien gardés de préciser le critère qui,
entre ces deux ressorts également limitrophes, les avait poussés à choisir
délibérément celui qui présentait le plus grand risque de partialité de la part
de la juridiction. D’ailleurs, du fait de la Jurisprudence actuelle, ceux-ci
avaient, par surcroît, la faculté de nous renvoyer vers d’autres ressorts
limitrophes que ceux demandés par les parties : ceux d’Agen et de Riom en
l’occurrence - qui furent, eux aussi, laissés inexplicablement de côté, alors
qu’ils ne posaient pas, eux non plus, ce problème particulier.
Il est, de plus,
particulièrement intéressant de remarquer que cette décision a été rendue par
la voix, non seulement des conseillères Nadine Ilhe Delanoix et Dominique Avon,
mais aussi et surtout du dénommée Claude Laguerre, sous la houlette duquel se
trouvaient d’ailleurs les deux autres. Or, le nom de ce Claude Laguerre ne nous
est pas inconnu, puisqu’il s’agît d’un ami de longue date de Pierre Roche.
Celui-ci en parlait de temps à autre, glosant sur le fait qu’ils n’avaient que
2 ans de différence, qu’ils avaient suivi des voies parallèles, et étaient
toujours restés proches et en contact depuis leur vie estudiantine.
Et voilà que nous constatons
que, parmi les nombreuses possibilités qui s’offraient à lui, c’est, comme par
hasard, sur l’ami de jeunesse de Pierre Roche que s’est porté le choix du
nouveau supérieur hiérarchique de ce dernier pour « présider » au
devenir du renvoi de notre dossier. C’est ainsi que l’on lit, dans l’arrêt, que
c’est en tant que « conseiller désigné par ordonnance de Monsieur le
Premier Président pour assurer la présidence » sur cette affaire qu’a été
désigné le dénommé Laguerre, et que c’est lui seul qui « a entendu les
plaidoiries et en a rendu compte à la cour composée comme indiqué dans son
délibéré ». Cet homme-là a donc pu sélectionner, dans le contenu desdites
plaidoiries, les informations qu’il a fait passer aux deux autres, avant qu’ils
ne … « délibèrent » tous trois sous son autorité et sa présidence. Et
puisqu’il joue décidément un grand rôle dans cet arrêt de renvoi, c’est encore
lui qui a prononcé la décision, et qui l’a signée.
Il va sans dire que le sieur
Laguerre se devait, en pareille circonstance et ne serait-ce que du simple
point de vue éthique, de faire état de la relation qui le lie au sieur Roche,
et de demander son propre désaisissement dans une affaire où son impartialité
ne pouvait que se trouver très gravement mise en doute.
C’est donc dans ces
conditions iniques que nous voyons notre litige en partance pour la Cour
d’Appel de Nîmes, laquelle vient de nous envoyer, par l’intermédiaire de son
« service enrôlement », une lettre recommandée avec accusé de
réception (que nous vous joignons en deuxième annexe à la présente). Celle-ci
dit que, conformément au « Nouveau Code de Porcédure (sic)
Civile », il fallait « constituer avoué auprès de la Nîmes (sic
à nouveau – ces gens-là se relisent-ils parfois ?). Il y est, par
ailleurs, indiqué que nous n’avons qu’un mois, à partir du 21 novembre 2002,
pour constituer avoué devant cette cour d’appel, cela sous peine de voir
l’affaire « d’office radiée ».
Si nous souhaitons bien, et pour cause, la poursuite
de ce procès, c’est toutefois légitimement que nous hésitons à constituer avoué
auprès de la Cour d’Appel de Nîmes, puisqu’il apparaît que c’est à tort, et
dans des conditions aussi graves par leur irrégularité que par leur iniquité,
que nous avons été renvoyés vers cette cour-là. Cela suite à la décision
scandaleuse des magistrats de Montpellier qui, dans leur soumission aux
desiderata de leur nouveau collègue, ont fait fi de notre Droit Fondamental à
un procès équitable.
Nous venons donc vous
demander, par la présente missive, de bien vouloir mettre en œuvre les moyens
dont dispose le Ministère pour remettre bon ordre à de tels dysfonctionnements,
afin de faire assurer le respect de la Loi.
De notre côté, nous
n’envisageons de constituer avoué devant la Cour d’Appel de Nîmes qu’un petit
peu plus tard, peu avant la mi-décembre, et uniquement comme un déplorable
pis-aller s’il devait s’avérer que rien n’a été fait à temps afin de redresser
le cours des choses et rétablir une situation normale.
Nous tenons à protester avec
force contre toutes ces occurrences, dont aucune n’aurait dû pouvoir se
produire. Par conséquent, nous réclamons des sanctions exemplaires à l’encontre
des fonctionnaires du Service Public de la Justice incriminés.
Nous souhaitons, de plus,
attirer par avance votre attention sur le fait qu’une situation absolument
similaire est en train de se produire à nouveau.
Le grand’père paternel de
Charles-Louis et Diane est décédé en Août 1998, voilà plus de quatre
années ; il avait fait légataires ses petits-enfants. Or, par ses
interventions auprès du notaire chargé de régler sa succession, leur père a
coupé net le déroulement normal de la liquidation de celle-ci. D’ailleurs, bien
que prévenu, il n’est pas même venu à l’enterrement du vieil homme …
Devant le blocage total de
la succession, ses 2 enfants, Charles-Louis et Diane, se sont, une fois de
plus, vus dans l’obligation d’attaquer en Justice celui qui n’a jamais été leur
père que d’un point de vue strictement biologique pour réclamer, dans une
procédure aussi longue que coûteuse, ce qui devrait aller de soi, c’est-à-dire
l’application de leurs Droits, leur dû. Ledit blocage participe d’ailleurs
(avec, entre autres, les Abandons de Famille ; les années d’impayés de
pension alimentaire s’élevant à un montant qui ne cesse de progresser pour
atteindre à l’heure actuelle une vingtaine de millions de centimes ; les
dépenses déraisonnables causées par 20 années de procédures en continu ; et
cetera …) de l’opération générale d’asphyxie financière entreprise par
notre affameur à l’encontre de ses deux enfants ainsi que de leur mère.
Suite à un premier jugement,
intervenu récemment, et qui ne le satisfait pas, le sieur Roche est en
train de renouveler sa manœuvre, puisqu’il fait appel de la décision devant la
Cour d’Appel de Montpellier, où il occupe, donc, la place que l’on sait ;
cour d’appel dont nous croyons déjà deviner, lorsque notre contestation, basée
sur ce motif, interviendra, qu’elle renverra dans les mêmes conditions notre
litige devant la même cour d’appel de Nîmes.
Alors, que fait-on dans ces
cas-là ?
Que ce soit pour l’une ou
l’autre des 2 affaires, nous protestons avec force contre le fait de voir notre
Droit à la Justice dans le cadre national, Droit garanti par la Justice
Européenne, bafoué de la sorte.
Nous nous en remettons donc
à votre bienveillance pour permettre à cette déplorable situation de redevenir
normale, ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être.
Et c’est confiants dans
votre action que nous vous prions d’agréer, Monsieur le Garde des Sceaux,
l’expression de nos sentiments très respectueux.
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